Petition Irak

Découvrez les actus d'un français en Irak

Muti est femme

Le futur est femme2Comment êtes-vous passée du rôle d’Odette de Crécy dans «Un amour de Swann» à celui de Malvina dans «Le futur est femme» ?

Comme toujours, ce n’est pas facile de changer de peau. Mais il s’est passé de longs mois entre les deux tournages et, en plus, comme j’étais enceinte, je suis très vite entrée dans le personnage de Malvina.

Justement, c’est votre troisième film avec Marco Ferreri. Vous devez avoir une grande confiance en lui pour avoir accepté de jouer enceinte dans ce film ?

C’est vrai. Je crois que je n’aurais pas pu faire cela avec un autre metteur en scène, sauf peut-être Volker Schlôndorff. Ferreri a très bien compris le bouleversement physique et surtout psychologique de la femme à ce moment de la vie. Quand on est enceinte, on sait que l’on a un rendez-vous très important. Plus les mois passent, plus on est nerveuse, on a peur de mourir, de souffrir, etc. Ferreri l’a bien senti et l’a exploité dans le film.

Au départ, a-t-il conçu le film pour vous ou a-t-il cherché une autre actrice susceptible de tenir le rôle ?

Non, il avait un autre projet en tête et il m’a appelée pour me demander d’y participer. Quand je lui ai répondu que j’étais enceinte, il était très heureux parce qu’il avait envie de faire «Le futur est femme» depuis longtemps et que l’occasion se présentait enfin.

Le tournage n’a pas dû être très facile, tout de même ?

Si, il s’est très bien passé. Dès que je ne me sentais pas bien, le tournage s’interrompait et Ferreri était aux petits soins pour moi. Je dois dire qu’il a été très important de continuer à travailler durant cette période. J’avais besoin de bouger, de ne pas rester inactive.

Comment Marco Ferreri vous a-t-il présenté le personnage de Malvina ?

Ferreri parle beaucoup sans dire grand chose. Il utilise énormément les métaphores et trace plutôt le portrait psychologique du personnage. En fait, on a très peu discuté de l’histoire…

Pouvez-vous nous dresser rapidement le portrait de cette femme ?

Elle a vécu beaucoup d’expériences et elle est perdue. Elle cherche quelque chose sans savoir exactement quoi. Enceinte, elle sait qu’elle n’a pas la possibilité de garder cet enfant et cherche un couple susceptible de l’accueillir. Pour cela, elle essaye de connaître à fond la femme qui va prendre sa place de mère, Anna (interprétée par Hanna Schygulla).

Quand vous avez vu le film, comment avez-vous réagi ?

J’ai beaucoup aimé le film, mais j’ai eu énormément de mal, au début, à m’habituer à mon physique. J’en arrivais à me demander si c’était vraiment moi qui avais joué le rôle. C’est une sensation très étrange.

Pensez-vous que «Le futur est femme» peut être plus apprécié par les femmes que par les hommes ?

Je pense que l’homme commence à prendre conscience de la maternité et qu’il la vit de plus en plus avec la femme. Dans le film, Niels Arestrup s’implique totalement en oubliant presque que cet enfant n’est pas de lui, en défendant même ces deux femmes jusqu’à la mort. Pour répondre plus précisément à votre question, ce film peut être perçu aussi bien par des hommes que par des femmes, même si je suis sûre qu’ils le ressentent: de façons différentes.

Comment ont évolué vos rapports avec Marco Ferreri depuis «La dernière femme» en 1975 ?

Il m’a fait tourner alors que j’étais une pomme verte. Il y a une évolution naturelle, et aujourd’hui je comprends mieux ce qu’il veut faire passer dans ses films. Au début, je n’avais pas de bons rapports avec lui.

Maintenant, avec quels metteurs en scène souhaiteriez-vous tourner ?

Il y en a très peu en Italie, peut-être deux ou trois. En revanche, en France, il y a de nombreux metteurs en scène avec qui j’aimerais travailler, mais en fait j’ai eu très peu, de propositions jusqu’à maintenant.

En Italie, l’épanouissement des télévisions privées a quasiment tué le cinéma. Qu’en pensez-vous ?

C’est vrai, mais je pense que, par ailleurs, c’est une excellente stimulation pour les cinéastes italiens qui sont obligés d’en tenir compte et de faire de bons films.

Seriez-vous prête à collaborer avec une chaîne de télévision privée ?

Vous avez gagné. J’ai un projet d’émission de variétés pour une chaîne privée italienne. Pour le cinéma, je n’ai aucun projet pour le moment. J’attends.

Parmi tous les personnages que vous avez joués, quel est celui qui vous ressemble le plus ?

Bien sûr, il y a toujours quelques aspects de ma personnalité dans mes rôles, mais je n’en vois aucun qui me ressemble vraiment. Je suis trop particulière (rires).

Quelle impression cela vous fait lorsque vous revoyez vos films grâce à votre magnétoscope ?

Je regarde Ornella Muti l’actrice et je la critique. Je me dis toujours que j’aurais pu mieux faire.

Avez-vous l’intention d’interrompre votre carrière pour élever votre enfant, ou allez-vous continuer à travailler très vite ?

Je n’ai pas de projets précis, mais je n’envisage nullement d’arrêter ma carrière pendant une longue période. J’ai trop besoin du cinéma…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *