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Découvrez les actus d'un français en Irak

Michel Serrault

Serrault était idéal pour ça, il a des granules de folie un peu hystériques. Quand je l’ai rencontré, je venais de voir «La cage aux folles» deux fois pour la scène des biscottes, et celle où il croise les jambes en disant : «Je suis peut-être encore plus ridicule comme ça»… Deux scènes où humainement tu pleures et tu rigoles grâce à lui. Et aussi «Garde à vue». La première fois que je l’ai rencontré, j’avais le cœur battant d’admiration et de surexcitation. J’étais subjuguée, il a un tel potentiel de folie. Je pensais : «Décidément, cet homme est délicieux, il est inquiétant aussi, il est capable de tout»… Il a tout d’une actrice de Bergman, l’hystérie d’une Ingrid Thulin, la mélancolie d’un être profondément malheureux, les restes de religion d’un personnage de Graham Greene.

Jeanne D’Arc

Sans être Française ni brûlée à Rouen, c’est une tentation de jouer Jeanne d’Arc. Même si ça vous semble ridicule de la part d’une Anglaise. Le texte de Bernard Shaw est de toute beauté. Personnellement, je crois que je tomberais dans le piège de Jean Seberg — ce serait beaucoup mieux par une vraie paysanne. Elle avait du bon sens, un instinct de survie, les pieds bien sur terre, ce côté paysan, et en même temps illuminé et hystérique. Je pourrais la rejoindre dans l’hystérie. Une fragilité apparente ne porterait pas tort à ce rôle.

Strip-tease

Ma seule angoisse c’est quand j’ai vu que ce film d’Audiard («Comment réussir…») était programmé à la TV à 20 h 30 devant les enfants, parce que je passe quand même la moitié du temps à poil. Pour jouer une strip-teaseuse, c’est la moindre des choses. J’ai pris des leçons au «Sexy», avec une fille très bien. En me donnant des conseils, elle disait tout le temps : «Ça fait plus sexe !». J’ai pris mes leçons fidèlement et j’ai dû tourner une scène où je me déshabille devant des spectateurs. Ils ont pris deux troupeaux de militaires. Quelle angoisse ! Ils étaient très gentils, heureusement. Moi, j’avais l’angoisse qu’ils crient «Remboursez !» quand j’enlèverais le haut. Ce n’était pas l’embarras d’ôter mes vêtements, c’était l’accueil que j’aurais à affronter quand je serais telle une côtelette sur ma barre… car je devais jouer avec une barre. Il y avait une lumière psychédélique qui me tournait autour des seins —ah, il fallait qu’ils visent bien !

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