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Le gout du danger

Mon père avait acheté une sorte de ficelle qu’il pendait par la fenêtre, et tu te jetais du sixième étage avec ça autour de la taille. J’ai sauté.., pour lui montrer que je n’avais pas peur, pour qu’il soit fier de moi. Mon frère était furieux : «Bien sûr, il va falloir qu’on le fasse tous maintenant, puisque Jane a sauté la première !». J’ai sauté parce que, quitte à mourir, je préférais que ce soit sous les yeux de mon père. Je ne risquais rien, en fait. Mon seul risque était de tomber à ses yeux, et non de tomber sur les pavés d’Angleterre.

Le trac

Monter sur une scène, ça me procure la même horreur que lorsque des gens, à la fin d’un banquet, se mettent à crier : «Jeannette, une chanson !», et que pour les satisfaire il faudrait monter sur la table et chanter un ou deux tubes. Les gens ne comprennent pas, parce qu’il y a des amateurs qui le feraient volontiers. C’est le genre de choses qui me donne de l’allergie, de l’urticaire, rien que de penser que peut-être, à la fin du dîner, on va me le demander. Je n’ai jamais pu le faire, et pourtant j’aurais eu envie de leur faire plaisir. Je n’arrive pas à dominer cet embarras-là. J’ai honte, c’est le cauchemar. Monter sur une table et chanter… plutôt mourir !

L’accent

En français, le fait d’avoir un accent étranger me fait passer par-dessus les barrières sociales. A première vue, je peux être dans n’importe quelle situation. En fait, ce serait difficile de jouer avec Depardieu dans «Le retour de Martin Guerre», un film qui se passe au Moyen Age. De même pour un film de guerre : on dirait «Tiens, c’est une espionne !» Et puis la tragédie est difficile à aborder avec un accent aussi «Laurel et Hardy» que le mien.

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